Conseil régional de la Formation
Carrefour de la formation
des agents des pouvoirs locaux en Wallonie
Wallonie

Retour sur le Congrès digital Smart City Wallonia

 

Le CRF participait ce 11 février 2021 au congrès digital Smart City Wallonia.

« Il est généralement admis que l’apprentissage automatique et la robotique changeront pratiquement tous les métiers, de la production de yaourts à l’enseignement du yoga. En revanche, les avis sont partagés sur la nature du changement et son imminence. D’aucuns croient qu’en l’espace d’une décennie ou deux seulement, des milliards de gens seront devenus économiquement superflus. D’autres soutiennent qu’à longue échéance l’automation continuera d’engendrer de nouveaux emplois et assurera à tous une plus grande prospérité » (21 leçons pour le XXIème siècle de Yuval Novah Harari).

C’est avec ces propos de l’auteur au succès planétaire, Yuval Noah Harari que s’est ouverte la conférence dédiée à l’'impact de la digitalisation sur les pouvoirs locaux.

Et, Pierre Petit, Directeur-Conseiller à la Formation d’adresser la question suivante : Est-ce que les grands défis contemporains tracés par l’auteur de l’ouvrage « 21 leçons pour le XXIème siècle » concernent nos pouvoirs locaux et provinciaux ? Il semblerait de prime abord que notre secteur soit préservé de la disruption technologique… et pourtant, une lame de fond semble se dessiner avec en focale le débat très médiatisé autour du télétravail.

Aussi, digitaliser ses processus dans son organisation est devenu une nécessité à la fois pour s’adapter à la crise mais aussi pour rester compétitif dans le contexte des organisations privées mais également pour assurer un service de qualité à ses clients, citoyens ou bénéficiaires.

Or, cette digitalisation n’est pas neutre car elle impacte la structure même des organisations. Elle a des conséquences sur la communication externe, sur la communication interne et sur la stratégie. De surcroit, la vitesse à laquelle la digitalisation s’est engouffrée dans les organisations (avec une vitesse sans précédent, estimée à 10 fois plus rapide que la première révolution industrielle) n’a pas permis d’en mesurer tous les effets au risque de « subir la digitalisation ».

A l’heure actuelle, on peut se rendre compte de tendances à plusieurs niveaux dans nos organisations locales et provinciales, qui ont un impact :

  • sur la fonction de Directeur général,
  • sur la fonction RH,
  • sur les organisations et sur le personnel,
  • sur les relations avec les citoyens,
  • sur la formation.

Des impacts sur lesquels le CRF avait déjà entamé une réflexion en lançant son année anniversaire intitulée «  L’impact du numérique sur les métiers et les organisations » (replay disponible ici : https://crf.wallonie.be/nouveaute-id-130.html).

Pour entamer les échanges, c’est Amélie Debroux, Directrice générale de Hannut, qui est intervenue sur l’impact du digital sur la fonction de Directeur général ; quels sont les impacts que le digital induit sur le management ? Comment manager en temps de crise ? Comment manager en temps d’incertitude ? Comment le leadership évolue-t-il ? Quel est l’impact sur la vision ? Sur le leadership ? Les méthodes de travail et de communication ? Voilà autant de questions auxquelles a répondu Amélie Debroux durant son intervention.

Poursuivant les échanges autour de la thématique de l’impact du digital sur les organisations et sur le personnel, Fernand Flabat, Directeur général de la ville de Waterloo, s’est attaché à répondre aux questions suivantes : Quels sont les apports des technologies pour l’organisation ? Quelles sont les contraintes ? Comment prend-on en compte les aspects humains en complément des technologies organisationnelles ? Comment fait-on évoluer les mentalités pour faire en sorte de faire adhérer à cette mutation ? Voilà autant de questions auxquelles Fernand Flabat a répondu en insistant également sur l’impact que le digital induit sur les relations avec les citoyens.

Aussi, l’impact du digital sur la fonction RH a été évoqué. Alors que la fonction de RH parait s’institutionnaliser dans les pouvoirs locaux, le rôle des RH ne fait qu’évoluer et se transformer. Passant à un rôle plus stratégique, les RH ont également des défis de taille à relever avec l’apparition des nouvelles technologies permettant d’améliorer le fonctionnement des processus RH et des procédures. En outre, ils ont un rôle capital à jouer dans les processus de sélection pour recruter les talents de demain. Point supplémentaire, et c’est un sujet prégnant pour les pouvoirs locaux, les processus de sélection et de recrutement sont plus que jamais remis en question. Alors que la prévalence était auparavant donnée aux compétences techniques sous la forme d’un examen écrit, c’est dorénavant l’épreuve orale qui revêt une importance toute primordiale, destinée à questionner les candidats sur l’adéquation de leurs profils avec l’organisation, l’équipe et de tester les soft skills.

La question de la fracture numérique a également été épinglée, soulignant au travers des échanges entre Pierre Petit, Amélie Debroux et Fernand Flabat que la fracture numérique est présente pour les citoyens, les organisations elles-mêmes mais également pour les agents. La maturité digitale et les moyens disponibles sont en cause. Des agents qui n’ont pas toujours le matériel nécessaire pour travailler à distance mais aussi des agents qui ne sont pas forcément à l’aise avec la technologie.

Pour répondre à ces besoins, des formations sont à disposition des agents pour acquérir de nouvelles compétences, digitales par exemple, et mettre leurs connaissances à jour.

Odile Dupont, Experte partenariat au FOREM, a épinglé une série de formations demandées ces derniers mois par notre secteur :

  • RGPD,
  • La gestion de projet à distance,
  • Les outils collaboratifs à distance,
  • L’animation de réunion en ligne,
  • L’organisation de webinaires,
  • Gérer son image via les médias sociaux.

Aussi, Odile Dupont a tracé une série d’évolution dans le secteur de la formation.

Le confinement a « obligé » les acteurs de la formation à revoir leur offre afin de pouvoir poursuivre leur activité.  Dans de très nombreux cas, les formateurs et/ou les enseignants n’ont pas eu d’autres choix que de mettre en place des solutions de présentiel « à distance » grâce aux multiples plates-formes de webconférence (Zoom, Teams, …).  La technologie était disponible mais malheureusement cela n’a pas révolutionné les méthodes pédagogiques.

Différentes modalités seront intégrées à l’avenir :

  • La vidéo est devenue le média incontournable de toutes les formations,
  • Le Micro learning ou le just in time de la formation devient un incontournable :  Goodhabitz en est un exemple.
  • La diversification des acteurs de la formation vient bousculer le monde des opérateurs traditionnels : ex : Linkedin, Mooc, Acadomia,…
  • La formation où je veux et quand je veux  avec le multi-device.

Au terme de ces riches interventions, Pierre Petit est revenu sur la question du télétravail indiquant comme prégnante cette thématique pour les pouvoirs locaux ; pourtant, « ce télétravail est l’arbre qui cache la forêt et, dans la transformation digitale, le digital ne doit pas non plus être un arbre qui cache la forêt ».

Il s’agit d’une véritable disruption et il serait erroné de penser que cette transformation ne concerne QUE les compétences digitales des agents ; bien nombreux seront les agents dont le métier sera impacté.

Dans une fonction publique locale occupant 120000 agents et avec 40% d’agents de niveau E, donc les moins qualifiés, nous devons plus que jamais nous engager dans l’upskilling, le reskilling  et le cross-skilling qui sont, comme dans d’autres secteurs une nécessité, dans le secteur public local.

Et de terminer la conférence sur cette nouvelle référence à Yuval  Novah  Harari :

« À court terme, tout au moins, il est peu probable que l’IA et la robotique éliminent complètement des industries entières. Les postes de travail nécessitant une spécialisation dans une gamme étroite d’activités routinières seront confiés à des automates.

Mais tous ces nouveaux emplois exigeront probablement de hauts niveaux d’expertise et ne résoudront donc pas les problèmes des travailleurs non qualifiés sans emploi. (…)

Malgré l’apparition de nombreux emplois nouveaux, nous pourrions donc assister à l’essor d’une nouvelle classe « inutile » et souffrir à la fois d’un chômage élevé et d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Beaucoup pourraient connaître le sort non pas des cochers du XIX e siècle, reconvertis en taxis, mais des chevaux, qui ont été de plus en plus chassés du marché du travail » (21 leçons pour le XXIème siècle de Yuval Novah Harari).

Ne perdons de vue que dans le cas présent ce ne sont pas des animaux qui seront en cause mais bien des êtres humains.

Pour en savoir plus :

L’upskilling se dit de la formation destinée à augmenter les compétences existantes afin de permettre la continuation du même métier, ou du même domaine d’activité, dans un contexte de mutation du métier. Cela consiste à apprendre en continu au sein même de son organisation afin de développer de nouvelles aptitudes et monter en compétences. La digitalisation exige en effet d’être toujours plus réactif et de s’adapter sans cesse aux évolutions technologiques. L’upskilling permet de mettre ses connaissances à jour pour rester opérationnel dans sa fonction.

Le reskilling se dit de la formation qui est destinée à aider les personnes à acquérir de nouvelles compétences pour changer de métier. En France, on emploie particulièrement cette expression pour les personnes qu’on embauche sans qu’elles aient la qualification requise pour l’emploi, et que l’on forme. Le pari est d’embaucher avant tout sur des critères de motivation, des « compétences transversales » qui seront réinvesties dans le nouveau métier.

Le cross-skilling sert à se former pour effectuer des tâches habituellement en dehors de son périmètre de responsabilités. Grâce à l'apprentissage et la formation, l’agent élargit son domaine d'action au sein de l’organisation.

Visionner le replay de cette conférence

CRF

1, allée du stade communal - B-5100 Jambes

T +32(0) 81 32 71 06 - F +32 (0) 81 32 71 92

info@crf.wallonie.be

Wallonie
Tous droits réservés. Réalisé par Newcom avec CodeWeb | Design du site créé par stanygraphics © 2021